11 mai 2004

Back to Japan...

...enfin, juste le temps d'un après-midi pour assister a une cérémonie du thé. Une collègue de travail, japonaise, enseigne l'art de servir ce breuvage ancestral et une fois l'an elle organise une cérémonie ouverte à quelques privilégiés. Comme on avait loupé cette cérémonie lors de notre voyage à Kyoto l'année passée, c'était l'occasion.

Mais qu'est ce donc qu'une cérémonie du thé, me direz-vous? Non, il ne s'agit pas de l'étape philosophique du choix du sachet et du geste du déroulement du porte-sachet, mais bien de la préparation à l'ancienne du thé vert. Ce thé est en fait une poudre de feuilles de thé (pour le classique thé noir anglais, les mêmes feuille sont occidées, d'où la couleur).

Pour servir une tasse, ça a pris environ une demi-heure: gestes lents totalement maitrisés, choix, essuyage et positionnement post-utilisation de chaque ustensile après chaque étape, rinçage et préchauffage de la tasse, ... C'était très intéressant à regarder, et les commentaires "live" du maitre de cérémonie étaient éloquents.

Mais plus impressionnant que la cérémonie elle-même était la maison dans laquelle elle s'est faite. Nous étions chez la troisieme personne la plus riche d'Australie, qui s'avère être président du club de cérémonie du thé. Je n'ai jamais vu autant d'étalage de luxe de toute ma vie. C'etait une énorme maison de maitre avec un dizaine de pièces. Je commence bien sûr par me faire recevoir par plusieurs gardes du corps, qui tracent mon nom sur une liste en me regardant d'un oeil suspicieux, puis je rentre dans le vestibule: petite piece estimée a 100m2, au milieu de laquelle trône un piano à queue blanc surmonté d'un perroquet en ivoire, entouré de deux énormes escaliers en spirales (et en marbre) qui montent vers les chambres. Le salon, muni de ses deux (fausses)cheminées (fonctionnant au gaz, pfff), était remplis d'oeuvres d'art japonaises et chinoises, dont la plus intriguante était cette langouste séchée complètement blanche. J'ai dû la scruter pendant 5 minutes sous tous les angles pour finnalement me rendre compte qu'elle n'était pas séchée, ni albinos, mais qu'elle était, de nouveau, taillée dans l'ivoire avec une finesse que je n'avais jamais vue auparavant... Tous les objets étaient assez incroyables, mais le pire c'est qu'il a un musée au sous-sol où il garde ces plus belles pièces. Bref, je vais pas m'etaler, mais la pièce dans laquelle on a eu un petit refreshment (sushis, sake, miso soup, etc), vaut quand même quelques mots: elle était entièrement faite d'anciennes tapisseries japonaises et complètement cerclée de bambou: chaque angle et recoin de la pièce était du bambou laqué, même le pourtour de la cheminée.

Tout cela était donc bien joli, même si je plains ce pauvre homme qui doit tant montrer pour exister. La prochaine fois, j'irai boire mon thé avec la voisine...

Posté par nicolas, le 11 mai 2004
Vos commentaires

OK, mais pas sans Marie j'espère!

Posté par Jean-Claude, le 18 mai 2004 à 11h42 (heure suisse)

Sur une cheminée, la langouste en ivoire, c'est vraiment nettement moins original qu'un opossum séché.

Posté par Françoise, le 21 mai 2004 à 17h58 (heure suisse)
Pour cause de spam incessant, les commentaires sont maintenant fermés. Si vous voulez vraiment ajouter votre prose, dites-le nous.